mercredi 21 octobre 2009

Vent d'ouest

Le vent est du mauvais bord ce soir. Ça pue depuis De Lorimier.

Dans un recoin, furtive lueur de briquet, reflet rapide sur la pipe de verre, ongles noirs, capuchon. La fumée inhalée, une tête se relève, des tresses blondes. Un regard vide et un visage d'enfant.

Un enfant qui met des petites roches de cristal dans sa pipe quand ses mains tremblent trop. Des yeux qui guettent les patrouilles.

Chaussures dépareillées, appareillage tout en noir. Maintenant, la tête dodeline et les mains cherchent ce qui n'est pas là.

Des mains de vieille, des mains usées, craquées. Noires, noires, noires, comme la suie sur le verre étincelant.

mardi 20 octobre 2009

Quand les feuilles se mettent à craquer, les balcons se vident. Ne restent que les fumeurs en pantoufles qui écorniflent aux fenêtres illuminées.

jeudi 15 octobre 2009

À soir, un lutteur fumait sa clope dans le parking de l'église. De sous son manteau ressortait une cape argentée. Il allait bientôt entrer en scène. Nerveusement, il arpentait la place, se préparait au combat.

Un peu plus tôt, d'autres hommes attendaient dehors. Time out entre deux affrontements légendaires.

vendredi 28 août 2009


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Ailleurs







mardi 18 août 2009

Quelque part ailleurs

On ne sait pas encore photographier les odeurs ni les sons.

Une cacophonie puante s'est mise de la partie et a soulevé les tripes d'une jeunesse habituée à sentir le houblon et la levure dans les rues. Elle est loin, soudainement. Loin de sa pauvreté.

Celle-ci est urbaine, celle-là est cubaine.

Odeur humide, sueur fleurie. Une ville qui vous noircit les pieds, qui vous fait éclater la tête d'oubli.

Maintenant.

Il n'y a plus que maintenant, sur ce banc sous les lianes.

Entre deux bennes et un graffiti, des hibiscus au bord des routes.

mardi 21 juillet 2009

Un châle blanc après la pluie. Après les éclats, faire connaissance.

"Vous avez un beau sourire, mademoiselle.
- Faut remercier ma mère!"

Hochelaga, orange sous les phosphores, mauve sous la pluie.

lundi 13 juillet 2009

Partir

Flaques stagnantes, temps gris. Les pieds ne vont nulle part sans eau ni détrempe.

mercredi 27 mai 2009

Quelque part

Bientôt, sur un trottoir près de chez vous, une machine à coudre. Elle a déjà été coquette. Ce soir, elle a le caquet bas. Elle craint la pluie, elle craint de quitter son coin de placard douillet, de mourir loin de la maison.

Trimbalée à gauche et à droite à travers la ville, elle vient finit ici, sur le trottoir. Elle ne se donne même pas au plus offrant, elle attend juste d'être ramassée, rafistolée. Elle doit coudre, c'est dans sa nature.

Brisée un jour, jamais réparée. Donnée plutôt qu'être jetée au départ. Elle aura survécu à Eaton.

lundi 25 mai 2009

Une odeur de lilas

Pain de sucre


Par grand soleil, ça crie dans les rues et ça se balance dans le parc. Le salon est dehors. Sur les balcons, sur les trottoirs. Les chars se sont refait une beauté. Ils paradent, suivis par des enfants à vélo et on cherche l'ombre.

Il neige de la poussière de sucre tout en bas de Pie-IX et seul le train n'a pas pris congé. Il faut voir la vue, tout là-haut, vers les tours. L'immensité du fleuve qu'on ne peut qu'imaginer et sentir. Il est partout, loin des yeux. On confond son souffle avec le roulement des locomotives grinçantes. C'est le bout de la ligne, le bout du monde.

Seulement, le vent n'arrête pas.

mercredi 20 mai 2009

mardi 19 mai 2009

L'odeur de la ville

Par grand vent, ça pue la vieille bière et la levure. Ça sent l'usine et la sueur des filets à cheveux. La bière et la levure gonflent les ventres.

Les grosses mains râpées d'un voisin ne lâchent jamais le goulot. Les mains usées de la voisine ne lâchent jamais son ventre plein de promesses. Les petites mains du garçon ne se lassent jamais de flatter les chats pouilleux.

L'ancêtre garde, entre ses doigts arthritiques, ses médailles de communion. Elle lève les yeux au ciel quand un nouveau graffiti apparaît au mur.

Appuyés au mur, les vélos de livraison croulant sous les caisses de vides attendent la prochaine livraison d'oubli.

Blast from the past

Traverser la rue

Le regard des hommes se fait insistant la nuit venue. Les voitures ralentissent subtilement, une tête se tourne vers tout ce qui attend pour traverser la rue.

Certains jours, ils ont de la chance, ces yeux avides. Certains soirs ils se révulsent, puis les mains fouillent pour payer la petite besogne.

Besogne dans les ruelles, besogne dans les voitures. On retrouve des cadavres plastifiés à gauche et à droite, éventrés.

Des bleus sur la peau, des varices qui grouillent le long des jambes maigres, grasses, fatiguées. Une valse se répète jour et nuit, la valse des talons cassés.

Ralentis!

Par ici, les choses vont et viennent. Elles traînent quelques jours puis disparaissent. Ramassées, emportées, jetées. Parfois, elles deviennent transparentes à force d'indifférence. Un jour, une femme s'est assise sur une balançoire et elle s'est effacée. On ne l'a pas cherchée: Hochelaga l'avait prise, entre un manteau de fourrure déchiré et un divan défoncé.

Au matin, les choses ne sont plus là.

C'est l'heure du changement de shift, au dépanneur et au coin de la rue.

C'est l'heure de la marche vers l'école et celle du bus, toujours en retard.

Quelque part entre Viau et Bercy.

lundi 18 mai 2009