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mardi 19 janvier 2010
dimanche 6 décembre 2009
mercredi 27 mai 2009
Quelque part
Bientôt, sur un trottoir près de chez vous, une machine à coudre. Elle a déjà été coquette. Ce soir, elle a le caquet bas. Elle craint la pluie, elle craint de quitter son coin de placard douillet, de mourir loin de la maison.
Trimbalée à gauche et à droite à travers la ville, elle vient finit ici, sur le trottoir. Elle ne se donne même pas au plus offrant, elle attend juste d'être ramassée, rafistolée. Elle doit coudre, c'est dans sa nature.
Brisée un jour, jamais réparée. Donnée plutôt qu'être jetée au départ. Elle aura survécu à Eaton.
Trimbalée à gauche et à droite à travers la ville, elle vient finit ici, sur le trottoir. Elle ne se donne même pas au plus offrant, elle attend juste d'être ramassée, rafistolée. Elle doit coudre, c'est dans sa nature.
Brisée un jour, jamais réparée. Donnée plutôt qu'être jetée au départ. Elle aura survécu à Eaton.
lundi 18 mai 2009
dimanche 17 mai 2009
Une poupée
On l'a abandonnée sous la pluie. Tout proche de la bouche d'égout, là où l'eau devient torrent. Ses cheveux jaunes détrempés et sales, sa petite robe toute délavée. Elle attendait que ça arrête, elle attendait un parapluie ou une petite main.
Tombée de la poussette, elle a été souillée puis oubliée.
Ce matin, elle n'était plus là, emportée dans la gueule d'un chien enragé.
Tombée de la poussette, elle a été souillée puis oubliée.
Ce matin, elle n'était plus là, emportée dans la gueule d'un chien enragé.
Faire le trottoir
À deux pas de Ste-Catherine, à l'ombre de l'église.
Trois jours qu'elle est là, qu'on la contourne, qu'on la dévisage, qu'on pousse un cri horrifié en la voyant.
À force de traîner par ici, elle est devenue toute molle et flasque, s'est vidée de tout son jus, si elle en a déjà eu.
Transparente, sans fioriture.
Puis, un matin, elle n'est plus là. Quelqu'un est passé pour la ramasser et la mettre à la poubelle, la capote du trottoir d'Aylwin.
Trois jours qu'elle est là, qu'on la contourne, qu'on la dévisage, qu'on pousse un cri horrifié en la voyant.
À force de traîner par ici, elle est devenue toute molle et flasque, s'est vidée de tout son jus, si elle en a déjà eu.
Transparente, sans fioriture.
Puis, un matin, elle n'est plus là. Quelqu'un est passé pour la ramasser et la mettre à la poubelle, la capote du trottoir d'Aylwin.
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